Je n’arrive plus à écrire… Ça m’est tombé dessus il y a 3 semaines et vous avez dû vous en apercevoir. Rassurez-vous, ce n’est pas avec ce que j’écris (-vais ?) que je vais parler d’angoisse de la page blanche, vous la jouer Barton Fink et aller m’exiler au fin fond de la campagne pour retrouver l’inspiration mais quand même…
En fait, je vois plusieurs raisons :
- Je ne suis “écolo” (j’aime vraiment pas, ça veut rien dire..) que depuis 2 ans donc c’est comme voter à gauche ou élever des enfants : au début, on y croit, c’est super, on est motivés tous les jours et puis après tous ces efforts qui donnent l’impression de n’arriver à rien, ça pèse un peu… En ce moment, je ne sais pas si c’est la campagne climato-sceptique et le fait de voir le mot Allègre 2 fois par jour mais j’accuse le coup. Après quand je vois que Kempf (dont je vous parlerai peut-être un jour de l’avant-dernier bouquin) y croit malgré tout depuis 1988, je me dis que c’est comme voter à gauche ou élever des enfants, si on se bat pas, autant ne plus croire à rien alors on y revient…
- Après l’euphorie des efforts récompensés et des gestes “faciles” (bon quand même, prendre le vélo tous les jours et ne plus manger de viande, c’est pas si “facile”), j’arrive dans la phase des grosses décisions et plus seulement des “renoncements agréables” comme je les appelle, ceux dont la balance sentiment de moralité/perte de plaisir reste à l’avantage du premier. Non, voilà, je suis devant l’étape pas évidente : arrêter de prendre l’avion et là quand c’est dur, ben, la motivation tombe..
- Je ne suis plus exemplaire : je pars en avion en Jordanie en avril, on a refait des courses à Carrouff, je vais m’acheter un PC portable. Alors on me dit (merci Xavier et Sylvain pour cette tentative de me remonter le moral) qu’on n’a pas le devoir d’être exemplaire quand on veut défendre un sujet. Je suis d’accord avec eux sinon comment se déclarer socialiste quand on a le train de vie d’un ministre mais dans le même temps, l’exemplarité ou tout du moins le progrès, l’effort constant vers le mieux galvanisent. Moi qui suis très donneur de leçons, j’ai peut-être besoin de me croire dans cette exemplarité, cet engagement sans compromis pour m’investir dans ces pages de défense environnementale. Comme ce n’est plus le cas…
Voilà, j’écris finalement. C’est peut-être un premier pas, un pied à l’étrier pour pouvoir reprendre la rédaction de mes brèves (non, pas le bon mot: mes articles) et de nouveau mordre dans le vert pâle, puisqu’aujourd’hui on ne peut plus critiquer ce qui n’est pas écolo : tout est vert ! Va falloir sortir le nuancier.
Tiens à propos de nuancier, j’ai eu peur dimanche d’avoir voté vert olive, celui avec une toute petite touche d’ancien rouge (le “rouge Dany”, très tendance sur les marchés cette année) et un soupçon d’orange. Finalement, avec 13,46% en Midi-Pyrénées et la gamelle nationale du père Bayrou (comme quoi il a réussi son coup le Dany et a probablement contribué à siphonner le fond de commerce du Modem), Europe Ecologie n’a pas eu besoin de négocier avec le Modem et s’est arrangé avec le PS et le Front de gauche. Ils proposent ainsi 21 candidats dans la liste commune du second tour.
Alors maintenant va savoir de quel couleur est ce vert… Les professions de foi arrivent. Attendons et espérons. Dans la nuance.
The Ghost writer
PS : si vous voulez quand même du vert pomme sur Toulouse, il se tient semaine prochaine sur 2 jours le 34ième congrès de France Nature Environnement avec allocutions de Cohen, Jouanno, des “face à face” qui s’annoncent saignants grande distribution-écolos; constructeurs automobiles-écolos, des ateliers. Rien que lire le programme permet de balayer l’éventail des bonnes questions à se poser en ce moment.
merci de m’ajouter à la liste de ceux qui pensent qu’on n’a pas le devoir d’être exemplaire quand on veut défendre un sujet.
pour le reste t’en fais pas: le peak oil, c’est un mythe…
Cette soi-disant “exemplarité” n’est même pas remise en cause : nous étions 1 milliard d’habitants il y a 2 siècles, nous sommes maintenant 6 milliards et serons probablement 9 milliards en 2050: chercher l’erreur !!
A 1 milliard on pouvait tous prendre l’avion et manger du bœuf Argentin à Shanghai , cela avait peu d’impact. A 9 milliards ce n’est plus possible. Qu’est ce qui est le plus réaliste : limiter les naissances ou éduquer 9 milliards d’être humains qui ne rêvent tous que d’une chose : avoir une belle femme, de beaux enfants, une belle maison et une belle voiture ? Bref avoir toujours mieux que le voisin ?
A voir, cette présentation un peu scolaire mais tout à fait passionnante : http://www.ined.fr/jeux.php?_movie=/flash/popu2/FR/INED_ANIM.swf&titre=Combien%20la%20Terre%20comptera-t-elle%20d’habitants%20demain%20?&lg=fr
Je suis bien entendu en désaccord avec le dernier slide…
Pour terminer sur une note d’humour, il faut que tu lises un éditorial tout à fait passionnant:
http://www.nytimes.com/2010/01/17/opinion/17kristof.html
“Helping others may be as primal a human pleasure as food or sex”.
A travers ce blog, tu aides un minimum les gens (moi en tous cas). Ne t’arrêtes pas tu te feras du mal…
Ne t’inquiète pas, les Nouals achètent aussi des meubles I.K.E.A….