Le but de cette rubrique est double :
- référencer les livres, revues que j’ai lus (z’inquiétez pas, j’en lis 2 par an, ça va pas vous noyer…) et auquel je fais référence dans mes articles (ça permet de donner ici des détails sur le bouquin sans écrire dans mes articles “Vous devriez le lire parce que dedans il y a…”), ainsi que les DVDs, pauvre-point que j’ai visionné
- vous proposer de les prêter si je les ai ou peux les obtenir puisque le meilleur arbre est celui qu’on a pas coupé et qu’il faut privilégier le prêt à l’achat dans toutes nos activités quotidiennes (meeeerde, encore de la morale, même quand c’est pas dans un article…). Ce que j’ai mis en vert, c’est ce que je peux prêter plus ou moins directement
La liste par ordre alphabétique de l’auteur :
Alternatives Economiques (2008), hors série “Le développement durable en France”, juin, n°xxx : super ouvrage d’une cinquantaine de pages qui résume la situation française aussi bien sur le point bilan carbone que sur les autres pollutions. Ça marche par thème : agriculture, transport, énergie, habitat, santé, etc… Concis, très documenté, une référence comme tout ce qu’il font.
Alternatives Economiques (2008), hors série “Les placements éthiques et solidaires”, juin, n° : où/comment placer son argent quand on veut pas que ça permette de financer la construction d’une centrale à charbon, des missiles ou de rémunérer grassement un trader pour avoir spéculer sur le prix du blé ? Très intéressant et surtout très pratique puisqu’on trouve même des détails sur les placements auprès d’assos, les détails sur ce que propose la Nef (que je conseille vivement), le crédit coopératif. Quelques paragraphes instructifs sur le micro-crédit.
BOURDIEU Pierre, Sur la télévision suivi de L’emprise du journalisme, 1996, Raisons d’agir : cours télévisés du Collège de France. A lire en même temps que l’essai de Serge Halimi cité plus bas. Le premier cours-essai “démonte les mécanismes de la censure invisible qui s’exerce sur le petit écran”. Le second explique comment la télévision “a profondément altéré le fonctionnement d’univers aussi différents que ceux de l’art, de la littérature, de la philosophie pu de la politique et même de la justice et de la science; cela en y introduisant la logique de l’audimat, c’est à dire la soumission démagogique aux exigences du plébiscite commercial” (extraits de la 4ième de couverture)
BOURDIEU Pierre, Contre-feux 2, 2001, Raisons d’agir : un ouvrage engagé de Bourdieu où il prend fait et cause pour la création d’un mouvement social européen, apte à s’opposer à la mondialisation, où il décrit le nécessaire engagement de l’intellectuel (p. 33 à 41 notamment ou la citation d’introduction : “ceux qui ont la chance de pouvoir consacrer leur vie à l’étude du monde social, ne peuvent rester, neutres et indifférents, à l’écart desluttes dont l’avenir de ce monde est l’enjeu”). A la manière, dans le fond et la forme, d’un Chomsky du fait qu’il soit ici moins intellectualisant mais pragmatique, dénonciateur, il décrit également la concentration croissante des pouvoirs, des connaissances et du capital aux mains d’un petit nombre (p. 93 à 108), démonte le modèle américain (p.25 à 31), alerte sur l’éradication progressive de la culture (p. 75 à 91) et milite pour la libération de l’énergie de l’”homo academicus” hors des murs de la cité savante, pour participer à l’élaboration d’un modèle nouveau, modèle mondial et social. Livre plein d’énergie, qui requinque et réarme. Absolument nécessaire.
DANSK AV Production “The Climate Game and the World’s Poor”, 2009 réalisé avec le soutien du gouvernement danois (ministères de l’éducation et des affaires étrangères) et de l’UNESCO : très bon DVD offert par mon beau-frère (merci Vévé !) structuré autour de 2 “programmes” (deux documentaires de 25 minutes, “A matter of Justice” and “A window of opportunity”)
Le premier documentaire explique d’une part les effets du réchauffement climatique dans les pays du Sud (Kenya, Bangladesh, Bolivie, Vietnam), et d’autre part ce que sont (ou étaient) les négociations internationales sur le climat (les fameuses COP, Conference of Parties dont le n°3 est Kyoto et la n°15 Copenhague), le GIEC et les mécanismes de redistribution Nord-Sud nécessaires. Je pense qu’il a été fait pour sensibiliser à l’importance de Copenhague et je comptais le diffuser au moins en partie si j’en avais eu le temps dans mes conférences de décembre 2009 car il est un parfait complément au powerpoint et à la campagne Oxfam (même périmètre, il aborde même la question de l’aide du Nord vers le Sud, financière et technologique).
Le second documentaire reprend la même intro (avant le titre), peu ou prou les mêmes pays impactés (Bolivie, Kenya, Vietnam) mais il s’oriente plus vers les causes du réchauffement (production d’électricité, d’énergie, déforestation, élevage) et sur les modalités possibles de “développement durable” même si je n’aime pas le terme (ENR, forêts gérées). Sur le cas du Vietnam, il illustre l’opposition (actuelle) entre développement des populations et réchauffement (utilisation en augmentation massive du charbon pour soutenir la croissance au Vietnam). Dans le cas du Kenya, c’est l’illustration des apports bénéfiques de l’hydroélectricité, pour appuyer l’argumentaire d’une aide technologique à l’Afrique pour réaliser des investissements énergétiques peu impactants pour la planète. Pour la Bolivie, c’est la déforestation qui est abordée ainsi que l’élevage avec les démarches positives mises en place. Il finit de la même manière que l’autre sur les enjeux de Copenhague et l’importance du financement et de la coopération technologique avec les pays du Sud dans leurs politiques de développement
Il est particulièrement intéressant à regarder maintenant que Copenhague est passé (je mets en ligne ce texte fin décembre 2009) et que c’est l’échec que l’on sait. On entend notamment la ministre de l”écologie du Danemark Connie Hedegaard, future présidente de la conférence de Copenhague, s’exprimer, elle qui a démissionné dans les derniers jours du COP15 ou Desmond Tutu dire “let’s stop pointing fingers at each other and see how we are going to survive together”, lui qui a déclaré après Copenhague : “Il est préférable de ne pas avoir d’accord plutôt que d’avoir un mauvais accord” (Le Monde, décembre 2009 mais je ne retrouve plus la date)
ECO’REV n°21 “Figures de l’écologie politique”, 2005 - http://ecorev.org/ : revue d’écologie politique de rythme trimestriel à peu près de ce que j’ai compris, plutôt théorique mais ayant le mérite de répondre à ceux qui veulent cantonner les écologistes à des mangeurs de blette sans réflexion, à des terroristes fanatiques anti-4×4 et arraisonneurs de baleiniers ou encore des intégristes vivant en peaux de bête (voir la pub Passat). Je viens de me commander pour Noël le n°33 “Penser l’après capitalisme” si ça intéresse aussi quelqu’un. Ce numéro 21 permet lui de se familiariser avec le cursus et les axes de réflexion des personnes suivantes qui ont marqué et marquent encore la réflexion écologique (dans l’ordre de la revue) : Cornélius Castoriadis, Jacques Ellul, Bernard Charbonneau, Ivan Illich, Hans Jonas, Herbert Marcuse, Serge Moscovici, René Dumont, René Passet, Alain Lipietz, Serge Latouche, Murray Bookchin, Felix Guettari, Andre Gorz. Le même travail est aussi fait sur des associations, ONGs et mouvements (Amis de la terre, Reclaim the streets, Greenpeace, la conf paysanne, les faucheurs)
C’est ainsi un bon ouvrage / point d’entrée pour savoir quoi lire sur l’écologie. Sa lecture dans l’ensemble permet aussi de voir que si le discours est souvent orienté dans la même direction, les avis sur les moyens d’action divergent : combat sur le même terrain que les partis politiques, refus du système politique, militantisme local, action individuelle etc… illustrant la difficulté constante pour le courant écologiste (difficulté également valable pour l’extrème-gauche) de choisir entre le cheval de Troie ou l’opposition frontale au libéralisme.
J’ai rajouté également quelques citations dans la rubrique qui va bien, venant de cette revue (Castoriadis, Illich)
HALIMI, Serge, Les nouveaux chiens de garde, 1997, Liber-Raisons d’agir : sur les média, le journalisme et ses collusions avec pouvoir et industrie, sur la responsabilité des journalistes. Petit livre de 100 pages toujours plus d’actualité. Internet sera t’il une chance de bouleverser cet ordre établi ?
HOLDREN, John (2008), The Science and Physical Implications of Climate Change, in Conference “American Response to Climate Change”, 25/26 June 2008, at Wild Center, NY: là, en fait, c’est pas un livre mais une conférence donnée par le monsieur, professeur d’écologie à harvard, conseiller scientifique d’Obama et qui s’exprime ici sur la véracité du changement climatique, relayant de nombreuses projections du GIEC. Il a le mérite, en 3 fois moins de temps que le film de Gore et en plus scientifique de nous montrer vers quoi nous allons. Sceptiques (mais anglophones), cette conf est pour vous. En plus, il a commencé par l’aéronautique au MIT. Notez cependant qu’un de ses sujets de prédilection est controversé : la surpopulation mondiale. Conf qui avec celle de mr Lovejoy, plus bas.
ILLICH Ivan, La convivialité, 1973, Editions du Seuil : un livre régulièrement cité dans de nombreuses parutions ayant attrait à l’écologie ou à la décroissance (lu chez Gorz, Latouche…). Très théorique, philosophique (pour moi en tous les cas) mais accessible et fondateur, ce livre est une critique de la société industrielle moderne, encore en devenir au moment où il l’écrit mais déjà profondément inégalitaire (p. 102 à lire). Illich critique ici le bonheur futile de la consommation, l’abrutissement généralisé des masses, la marchandisation de toute créativité et appelle à un réveil de la rencontre, de l’échange entre les hommes. Il va assez loin dans la critique, incluant nos systèmes d’éducation et de santé. Les passages que j’ai relevés :
- critique de la spécialisation des compétences qui fait que l’on se sait plus rien faire soi-même, se soigner, s’éduquer, se nourrir, que l’on se déresponsabilise de façon permanente pour confier notre bien-être aux “spécialistes” (p.23). Complété par le concept de “monopole radical” (p.80 à 82).
- analyse des transports et de l’esclavage né de la voiture (chiffre de 1500 heures par an dépensé par un américain dans sa voiture !). Le thème revient plusieurs fois (p.24, p.66)
- critique du marxisme que j’ai retrouvé chez d’autres (Gorz, Harribey) : le modèle marxiste se construit comme le capitalisme sur la nécessaire augmentation de la production, ne s’opposant à celui-ci que sur les modalités de la redistribution des richesses dégagées. La nature est ainsi considérée comme une matière première à exploiter, sans notion de limitation.
- critique de la marchandisation de la santé (p.63), des transports (p.65) et de la construction (p.68, p.96). Argumentaire fort montrant qu’il est impossible de se soustraire à notre propre marchandisation du fait qu’il nous faut passer par la case argent pour pouvoir assouvir nos plus simples besoins (se déplacer, se soigner, se nourrir, enterrer ses morts), ayant perdu toute compétence propre ou proche (ce qu’il appelle la “déprofessionnalisation” de l’être humain) et étant dépendants d’outils/machines trop complexes (voiture, électricité notamment). Complémentaire de la notion de spécialistes et monopole radical évoquée plus haut.
- invention du terme “outil convivial” pour exprimer l’idée de moyens permettant à l’homme de créer du lien et d’exprimer son humanité sans être esclave du dit moyen (Exemple : le vélo est jugé comme fournissant une “vitesse conviviale”. Contre-exemple : la voiture). Il utilise aussi la notion d’outil “fort” comme l’électricité où il décèle en plus du problème d’échapper à notre maitrise, un danger de concentration des pouvoirs puisque leur création/production échappe à la convivialité désirée (professionnalisation obligatoire). Difficile ici de savoir si on doit y déceler une volonté de rejeter un tel progrès… La décentralisation de sa production, en cours via la maitrise du solaire, pourrait peut-être aujourd’hui le réconcilier avec la fée (ou sorcière ?) électricité (bon d’accord produire un panneau solaire n’est pas donné à tout le monde… pas très crédible ce que je raconte…)
- critique de l’école qui m’a permis de comprendre pourquoi mon frère s’intéressait à la méthode Fresnay : “Qu’apprend on à l’école ? On apprend que plus on y passe d’heures, plus on vaut cher sur le marché. On apprend à valoriser la consommation échelonnée de programmes. On apprend que tout ce que produit une institution vaut et coûte cher, même ce qui ne se voit pas, comme l’éducation et ou la santé. On apprend à valoriser l’avancement hiérarchique, la soumission et la passivité et même la déviance-type que le maître interprétera comme symptôme de créativité. On apprend à briguer sans indiscipline les faveurs du bureaucrate qui préside aux séances quotidiennes, à l’école le professeur, à l’usine le patron. On apprend à se définir comme détenteur d’un stock de savoir dans la spécialité où l’on a investi son temps. On apprend, enfin, à accepter sans broncher sa place dans la société, à savoir la classe et la carrière précises qui correspondent respectivement au niveau et au champ de spécialisation scolaire” (p. 94 et 95)
- sur la consommation et la croyance dans l’innovation technologique (p.111) : “Si ce qui est nouveau est mieux, ce qui est vieux n’est pas si bon; le lot de l’humanité, dans son écrasante majorité, est alors bien mauvais. Le nouveau modèle produit une nouvelle pauvreté. Le consommateur, l’usager, ressent durement la distance entre ce qu’il a et ce qu’il serait mieux d’avoir. Il mesure la valeur d’un produit à sa nouveauté, et se prête à une éducation permanente, en vue de la consommation et de l’usage de l’innovation… La logique du “toujours mieux” remplace celle du bien comme élément structurant de l’action”. Sur ce point, il n’échappe pas non plus, comme chez Lepage (voir plus bas, attention, je ne mets pas son bouquin sur le même pied qu’Illich) à une certaine contradiction, régulière dans le livre, entre la reconnaissance du progrès de la science et son refus de son utilisation. Les pages 124 à 128 sont une bonne tentative de réconcilier science et convivialité. On comprend là pourquoi il est souvent cité par les promoteurs de la décroissance.
- gouvernance : des pistes sont évoquées comme le remplacement d’une industrie concentrée par une “pluralité de milieux et d’élites”. On retrouve ici un des combats menés à la fin de sa vie par A Gorz avec son analyse des réseaux, freeware et autres productions collaboratives. Comment Illich aurait’il jugé notre univers moderne ultra concentré industriellement mais où Internet ouvre des pans de liberté et de pluralité renouvelés ? Illich s’en prend cependant (p.154) à un Parti de la décroissance qui ne ferait qu’encadrer la production d’outils qui resteraient non conviviaux et ne constituerait qu’une nouvelle élite asphyxiante. Le salut passe, selon lui, par une décentralisation de la création, de la production, via des outils conviviaux, idée qui reste par contre à la base des tenants de la décroissance. Latouche est en cela fidèle à Illich en refusant la voie du parti politique.
JACQUARD, Albert, Cinq milliards d’hommes dans un vaisseau, 1987, Editions du Seuil : je trouve toujours un intérêt à lire un scientifique pur jus quand il s’aventure hors de son domaine de prédilection. Il y a toujours d’abord cette tentative de bien poser le problème et les hypothèses, rationnellement en des termes clairs qui apportent un éclairage puissant au débat. Puis la naïveté, l’étonnement du scientifique devant des réalités qui défient l’entendement (la prolifération des armes nucléaires ou l’économie mondiale libérale ici) apportent de la fraicheur et un angle nouveau. Ici nous avons un généticien s’essayant sur le terrain de l’écologie, voire de la sociologie. Si le chapitre sur le Big Bang et la naissance de l’homme est un peu long, le second chapitre sur la démographie est intéressant à plus d’un titre. La notion des “quatre révolutions démographiques” d’abord (p. 51 à 55) puis l’examen des pyramides des âges d’une société au cours du temps (la France / le Kenya). La conclusion mérite d’être rappelée : nous avons bouleversé les équilibres de la nature et devons l’assumer : “nous sommes en charge de notre effectif”. De quoi alimenter le débat tendance sur le contrôle de la démographie…. Le regard naïf et éloquent dont je parlais se reflète au chapitre 4 sur la guerre et le suicide nucléaire (p. 121 à 128), avec un regard perçant sur la situation mondiale et le mince équilibre dans lequel nous nous trouvons. Enfin dans le chapitre 5, il s’intéresse à l’économie, à l’opposition capital-travail, au PNB. Sous le titre de “Vivre ensemble”, ces 30 dernières pages sont à lire absolument pour ne pas laisser ce sujet aux économistes.
JANCOVICI, Jean-Marc et GRANDJEAN Alain (février 2006), Le plein s’il vous plait ! la solution au problème de l’énergie, Editions du Seuil: Ce que j’ai aimé dans le livre :
- d’abord l’humour, forcément nécessaire quand on traite d’un sujet aussi grave et qui demande autant d’efforts aux gens. Quand on voit l’accueil donné au film de Nicolas Hulot, jugés (le film comme le monsieur) tour à tour alarmiste, pessimiste, négatif, etc… on voit bien qu’aujourd’hui, on a beau vouloir ouvrir les yeux des gens, il faut le faire avec un nez rouge, un chapeau qui bouge et un nasillard “Bonjour les petits consommateurs” sous prétexte de perdre en efficacité. Le ton de mon blog est une conséquence de cette conviction
- la comparaison entre addiction à la société de consommation / pétrole et celle au tabac : on est drogués, on s’en aperçoit pas au quotidien mais pourtant on va en crever. Sauf que là la différence, c’est que le cancer du tabac tue celui qui fume sans trop ennuyer (maintenant en tous les cas) les voisins, ce qui est totalement le contraire dans le cadre de l’effet de serre puisque ce sont surtout les pays pauvres qui vont pâtir de notre incurie. Dans la catégorie comparaison, on peut mettre aussi celle des moyens de lutte : sensibilisation (“Polluer tue “?… bof), interdictions/plafonds/réglementation et finalement taxes (on peut rajouter R&D dans le cadre du changement climatique, pas facilement applicable au tabac)
- une reprise d’un de ses classiques “Combien d’esclaves” a t’on au quotidien à notre disposition via l’énergie bon marché (p.14) et le chiffre : avec 1 euro soit 10 minutes de SMIC, on s’achète l’équivalent du travail humain de 10 à 100 personnes sur une journée
- un argument peu lu et intéressant : plus les conditions s’aggravent, plus on va manquer des moyens pour lutter contre le changement climatique qui fait que les choses s’aggravent (pénurie d’énergie => difficulté à industrialiser de nouvelles solutions pourtant nécessaires pour rompre avec le “business as usual”…). Pages 52 et 53
- un côté pragmatico-nucléaire qui va faire des grincheux mais il a le mérite de replacer les ordres de grandeur dans le débat sur les énergies renouvelables, biomasse, hydrogène, etc…. Pages 60 à 71. Après je trouve qu’il élude trop souvent la question des déchets nucléaires
- son point de vue sur les média et la politique et ce qu’ils font et surtout ne feront pas dans le débat sur l’écologie. Pages 88 à 97
- une contribution à la réflexion sur les indicateurs économiques et l’absurdité du PIB. Page 118
- une explication de texte claire et précise sur pourquoi la taxe est la bonne solution (je l’ai lu avant son introduction dans la vie réelle, introduction qui a du faire couiner l’auteur, si j’ose dire….). Pages… de la fin.
LEPAGE Corinne (2009), Vivre Autrement, Editions Grasset: j’aime bien cette femme. Je l’ai vu pester contre les ravages de l’Erika et mettre en œuvre ses compétences d’avocate pour faire appliquer le principe du pollueur-payeur. Je lui reconnais une certaine opiniâtreté depuis le temps qu’elle déambule dans les arcanes du pouvoir, voire l’exerce (ministre de l’environnement de 95 à 97). Quand un collègue m’a proposé le livre, je me suis dit qu’il était temps d’en apprendre un peu plus sur sa philosophie et peut-être de comprendre ce qu’elle était aller foutre chez Bayrou. Et bien si j’ai eu quelques réponses sur le premier point, nada sur le second..
Ce que j’en retiens : l’introduction est bien faite et en 20 pages sont résumés et chiffrés les enjeux du dérèglement climatique ainsi que l’absurdité du monde libéral dans lequel nous nous retrouvons aujourd’hui, le recul de l’Etat, la culture de la peur. Ensuite elle a le mérite de la créativité sémantique en cherchant à réconcilier les tenants de la croissance verte ou du développement durable et les partisans de la décroissance/acroissance avec un joli terme neutre “évolution soutenable”, dépassionnant ainsi le débat et permettant de se focaliser sur ce qu’on met derrière les termes. Sur le reste du livre, cela ressemble plus à une liste à la Prévert des initiatives “vertes” dans tous les domaines : transport, énergie, alimentation, logement, consommation, organisation, gouvernance… plutôt qu’à un programme structuré. Elle est déconcertante également en soufflant le chaud et le froid sur la technologie, fustigeant par moment les partisans d’Allègre et leur propension à croire en la toute puissance du progrès scientifique, appelant de ses vœux un principe de précaution fort et généralisé et par moment montrant une foi certaine dans l’inventivité et la création scientifique. Je la pense plus sincèrement du côté de la croissance technologique verte que de la sobriété heureuse.
Le débat n’élude pas le nécessaire passage par la réforme des institutions internationales, avance des propositions de gouvernance intéressantes (conseil des sages environnemental en France, extension des responsabilités du TPI aux arbitrages écologiques) et se conclut par une bonne dose d’optimisme, ce qui ne fait pas de mal. Sans être d’une grande nouveauté, ni présenter un programme politique concret, ce livre a le mérite de résumer en 2h de lecture les principaux termes du débat et l’ampleur du défi qui nous attend.
LOVEJOY, Thomas (2008), Climate Change and Biodiversity in Conference “American Response to Climate Change”, 25/26 June 2008, Wild Center, NY : c’est la seconde partie de la conférence qui va avec celle de Johen Holdren, cité plus haut. Je n’ai pas creusé le passé scientifique du monsieur, je me fie à son pull moche, sa coupe de cheveux et le fait qu’il touche à ses lunettes régulièrement pour me dire que c’est un scientifique de premier ordre. En tous les cas, là encore, chiffres, analyses, études sur tous les bouleversements terrestres : augmentation de température, rupture de cycles, sécheresses, feux de forêt, reculs de glaciers, biodeiversité, nuisibles qui se développent, mort du corail,etc… A voir pour ne pas ignorer
WRIGHT, Ronald, “La fin du progrès ?”, titre original “A short story of progress” que je préfère, moins polémique, plus anglo-saxon et proche du propos, 2004, Naive : un essai rapide de 130 pages, très documenté (les nombreuses notes sont très riches) qui regarde en arrière sur les civilisations sumériennes, romaine, maya, de l’île de Pâques (exemple souvent cité ailleurs) et explore les raisons de leur déclin. On y note tout au fil du livre l’importance de l’agriculture, de la préservation des sols, des forêts et de l’eau, source à la fois du succès et du déclin de chacune de ces civilisations. A l’heure où la FAO annonce qu’il faudra augmenter la production mondiale de nourriture de 70% d’ici à 2050 pour nourrir 9,1 milliards d’habitants, un livre qui amène à réfléchir. Ce que j’ai retenu :
- un examen critique fouillé sur la notion de progrès et son histoire, qui explique bien pourquoi nous sommes autant attachés à cette croyance (car c’est bien d’une religion dont il s’agit…) les nombreux parallèles faits entre toutes les civilisations majeures depuis le paléolithique, montrant qu’aucune n’est mieux qu’une autre et que chacune comporte ses excès, sa barbarie, ce qui l’amène à dire : “Devant le Colisée et les camps de concentration, nous n’avons d’autres choix que d’abandonner l’espoir que la civilisation puisse être, en soi, une garantie de progrès moral” (p.41)
- l’histoire que je ne connaissais pas de l’empire d’Ur et de la Mésopotamie, avec la ruine du premier vers 2000 av J.C pour ne pas avoir respecter le rythme de la terre. Les pages 77 à 83 sont édifiantes sur ce qui nous attend la question de la surpopulation : “Après Rome, il a fallu treize siècles pour ajouter deux cent millions (ndr : d’humains) au compte global; il n’a fallu que trois ans pour ajouter les derniers deux cent millions”, même si je n’accepte pas les tentatives des eugénistes pour tenter de limiter la démographie (forcément celle des pays pauvres)
- une phrase : “Si la civilisation veut survivre, elle doit vivre des intérêts, et non pas du capital, de la nature”
[...] Bibliographithèque [...]
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Je laisse jamais de commentaires pour cause d’incompétence technique totale, mais comme je lis des livres de temps en temps, je me suis dit, tiens, je vais contribuer ici.
RIESMAN David, La Foule solitaire : anatomie de la société moderne, préf. d’Edgar Morin, Paris : Arthaud, 1964 [1950], 378 p.
Horreur ! Ce que l’on dénonce comme des déviances toutes récentes (et donc susceptibles de rapidement disparaître), étaient visibles dés 1950. Qu’on en juge : « le produit le plus demandé maintenant n’est plus une matière première, ni une machine : c’est une personnalité. » De ce fait, « l’enfant commence très tôt son apprentissage de consommateur – et cet apprentissage dure longtemps. […]. De nos jours, la future profession de tous les bambins, c’est d’être des consommateurs qualifiés. » (sur le sujet, voir l’excellent docu : Consuming Kids: The Commercialization of Childhood, Media Education Foundation, 2008, 67 min) « Afin de permettre à l’individu de prendre sans crainte contact avec les nouvelles possibilités du domaine de la consommation, il convient souvent de lui fournir des guides et des panneaux indicateurs. Dans notre société citadine et spécialisée, ce rôle est dévolu à certains “conseillers en loisirs” » que sont voyagistes, hôteliers, moniteurs sportifs, entraîneurs, professeurs de peinture, de danse, etc. Et la politique n’est pas en reste : « en imitant les modèles de consommation, la politique devient un lieu où la façon de faire les choses et l’esprit dans lequel on les fait ont tout autant d’importance que ce qui est fait. » Suivez mon regard…
GALBRAITH John Kenneth, L’Ere de l’opulence, Paris : Calmann-Lévy, 1961 [1958], 334 p.
Pour ceux qui s’intéressent à l’économie, une lecture stimulante et subversive plus que jamais d’actualité, en ces temps de célébration des vertus du secteur privé.
Lisez plutôt : « Ces voitures qu’il était impossible de loger se fabriquaient à un rythme accéléré. Les enfants n’avaient pas d’écoles, il est vrai, mais des adultes aux goûts bizarres s’intéressaient vivement à eux dans les jardins publics. La jeunesse montrait des dispositions à une délinquance où l’imagination jouait un rôle de plus en plus grand, mais elle était admirablement équipée en postes de télévision. Nous avions de grandes difficultés à trouver suffisamment de place pour caser des stocks de nourriture considérables en dépit d’une disposition nationale à l’obésité. C’est l’initiative privée qui présidait à la production et à l’expédition de la nourriture. Les soins et le délassement de l’esprit, contrairement à tout ce qui touche au tube digestif, étaient essentiellement du domaine public. Nos collèges et nos universités étaient terriblement surpeuplés et insuffisamment équipés, et il en allait de même pour les hôpitaux psychiatriques.
« Le contraste était et demeure frappant, et non pas uniquement pour les gens avertis. La famille qui sort faire un tour dans sa voiture rutilante, climatisée, à direction assistée et à changement de vitesse automatique, traverse des villes mal pavées, rendues sordides par des détritus, des maisons délabrées, des panneaux d’affichage, et des poteaux pour des fils que l’on aurait dû faire passer sous terre depuis longtemps. Elle se rend à la campagne où l’art publicitaire a rendu le paysage en grande partie invisible. Les produits qui sont l’objet de cette publicité ont une priorité absolue dans le système des valeurs. Par conséquent les considérations d’ordre esthétique passent au second plan. Nous avons de la suite dans les idées lorsqu’il s’agit de ces questions-là. Notre famille pique-nique ensuite avec des provisions luxueusement empaquetées, apportées dans une glacière portative, et s’installe au bord d’une rivière aux eaux souillées. Elle termine la soirée dans un parc qui représente un danger pour la santé et la morale. Allongés sur des matelas pneumatiques, sous leur tente de nylon, dans la puanteur des ordures en décomposition, les uns et les autres songeront peut-être vaguement, avant de sombrer dans le sommeil, au caractère étrangement inégal des bienfaits qui leur sont accordés. Est-ce là, en vérité, le génie américain ? »
Je conseille aussi du même : Le Nouvel état industriel. Essai sur le système économique américain, trad. par J.-L. Crémieux-Brilhac et M. Le Nan, Paris : Gallimard, 1968 [1967], 416 p.
MARCUSE Herbert, L’Homme unidimensionnel. Essai sur l’idéologie de la société industrielle avancée, trad. de M. Wittig revue par l’auteur, Paris : Editions de Minuit, « Arguments », 2003 [1964], 281 p.
Selon l’auteur, « La société de mobilisation totale qui prend forme dans les secteurs les plus avancés de la civilisation industrielle est la combinaison productive d’une société de bien-être et d’une société de guerre. Si on la compare à celles qui l’ont précédée c’est vraiment une “société nouvelle”. Les éléments de perturbation traditionnels ont été ou supprimés ou isolés, les éléments menaçants ont été pris en main. Ses caractères principaux sont bien connus : les intérêts du grand capital concentrent l’économie nationale, le gouvernement joue le rôle de stimulant, de soutien et quelquefois de force de contrôle ; cette économie s’imbrique dans un système mondial d’alliances militaires, d’accords monétaires, d’assistance technique et de plans de développement ; les “cols bleus” s’assimilent aux “cols blancs”, les syndicalistes s’assimilent aux dirigeants des usines ; les loisirs et les aspirations des diverses classes deviennent uniformes ; il existe une harmonie pré-établie entre les recherches scientifiques et les objectifs nationaux ; enfin la maison est envahie par l’opinion publique, et la chambre à coucher est ouverte aux communications de masse. » L’originalité de notre époque « réside dans l’utilisation de la technologie, plutôt que de la terreur, pour obtenir la cohésion des forces sociales ». Ainsi, « la liberté peut devenir un instrument de domination puissant. »
BAUDRILLARD Jean, La Société de consommation. Ses mythes, ses structures, Paris : Gallimard, « Idées », 1976 [1970], 318 p.
Un vieux classique. Un peu marxisant sur les bords, un peu théorique et barré aussi parfois, mais de belles dissections de la logique du centre commercial ou de l’organisation d’un supermarché. L’une des thèses majeures du livre : « l’abondance et la violence vont de pair ». Salutaire aussi, sa façon de taper sur ceux qui, prétendant critiquer le système, ne font que le prolonger et le nourrir.
Plus récent et dans la même veine : BAUMAN Zygmunt, S’acheter une vie, trad. de l’anglais par C.e Rosson, Paris : J. Chambon, 2008 [2007], 199 p.
ELLUL Jacques, Le Système technicien, préf. de J.-L. Porquet, Paris : le Cherche Midi, 2004 [1977], 337 p.
Considéré comme son ouvrage le plus abouti, c’est LE grand livre critique sur la technique avec ceux de Mumford. « Il est aisé de constater que tout ce qui constituait la vie sociale, travail, loisir, religion, culture, institutions, tout cela qui formait un ensemble lâche et complexe, où la vie réelle s’insérait, où l’homme trouvait à la fois une raison de vivre et une angoisse, toutes ces activités déchirées et plus ou moins irréductibles les unes aux autres, tout cela est maintenant technicisé, homogénéisé, intégré dans un nouvel ensemble qui n’est pas la société. » Mais le système technicien.
BOURDIEU Pierre, La Misère du monde, Paris : Seuil, 1993, 947 p.
Un grand (et gros) livre humaniste alternant analyses et longs témoignages de laissés-pour-compte, chômeurs, immigrés de première ou deuxième ou troisième génération, drogués, gardiens d’immeuble, habitants des ghettos, SDF, malades, militants d’extrême droite paumés, paysans sans avenir, flics, ouvriers déclassés, travailleurs temporaires, acteurs ratés, élèves coulés, profs en ZUP, mères célibataires, et autres.
RIFKIN Jeremy, La Fin du travail, trad. de l’américain par P. Rouve ; préf. de M. Rocard, Paris : Découverte, 1996, xvii-435 p.
« Que savons-nous de façon certaine ? Que nous entrons dans une nouvelle période de l’histoire où les machines remplaceront de plus en plus le travail humain dans la production des biens et des services. Que les échéances sont certes difficiles à prévoir, mais que nous sommes sur une trajectoire qui nous conduira irrévocablement vers un futur automatisé et que nous atteindrons vraisemblablement le stade d’une production sans travailleurs, au moins dans l’industrie, dans les premières décennies du siècle à venir. Que le secteur tertiaire s’automatisera moins vite, mais aura vraisemblablement atteint un stade de quasi-automation vers le milieu du prochain siècle. Que l’industrie du savoir et de l’information émergente pourra absorber une petite partie de la main-d’œuvre ainsi déplacée, mais certainement pas assez pour peser de façon sensible sur les statistiques du chômage. Que des centaines de millions de travailleurs seront contraints à une oisiveté permanente par les forces conjointes de la mondialisation et de l’automation. Que ceux qui auront encore un emploi travailleront moins longtemps pour permettre une répartition plus équitable des heures de travail disponibles et la création d’un pouvoir d’achat permettant d’absorber les augmentations de production. Qu’avec la substitution croissante des machines aux travailleurs dans les décennies à venir, l’énergie de millions de personnes ne sera plus soumise au processus économique et à la logique marchande. Nous savons enfin que l’excédent de travail humain sera de loin la question centrale de l’ère qui vient, celle que tous les pays devront affronter et résoudre si notre civilisation veut survivre à la troisième révolution industrielle. »
L’optimisme de l’auteur lui fait prédire que ce n’est pas leur canapé mais le secteur associatif qui absorbera une grande partie des nouveaux chômeurs…
STIGLITZ Joseph E., La Grande désillusion, traduit de l’anglais par P. Chemla, Paris : Fayard, coll. Poche, 2002, 407 p.
Un classique. Où l’on apprend (ou se fait confirmer) que « de nombreuses mesures promues par le FMI, en particulier la libéralisation prématurée des marchés des capitaux, ont contribué à l’instabilité mondiale. » Que les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale « viennent des firmes financières et, après avoir servi l’Etat, ils y retournent. », qu’« il y a une longue histoire d’accords “inégaux”, que les Etats occidentaux ont fait respecter en usant de leur force. », qu’il faut arrêter de croire que « la croissance est nécessaire et presque suffisante pour réduire la pauvreté ». Conclusion : « Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ca ne marche pas pour les pauvres du monde. Ca ne marche pas pour l’environnement. Ca ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale. »
Et quelques films :
ACHBAR Mark and WINTONICK Peter, Manufacturing Consent. Noam Chomsky and the Media, 2002
http://video.google.fr/videoplay?docid=-8506025126009141326#
Pour compléter l’ouvrage de Bourdieu sur la télévision, un bon documentaire de synthèse sur la fabrique de l’opinion et les idées de Chomsky sur le sujet.
Du même Mark Achbar, The Corporation, 2004, qu’on trouve sur Gogole video aussi. Très bon docu sur l’entreprise et son rôle de plus en plus central dans la société.
Sur l’incroyable invention des relations publiques par le neveu de Freud, voir aussi le premier volet du très bon docu : CURTIS Adam, The Century of the Self, BBC Four, 2002, 4 Vol., 240 min, http://video.google.com/videosearch?q=The+Century+of+the+Self&hl=en où l’on entend un Banquier de Wall Street affirmer : « We must shift America from a needs to a desire culture. People must be trained to desire and want new things even before the old are entirely consumed. We must shape a new mentality in America; man’s desire must over shadow his needs. »
MONSON Shaun, Earthlings, USA, 95 min
http://www.earthlings.com/
Pour ceux qui aiment les films très gore, qui veulent devenir végétariens ou cesser de porter du cuir, ou les fans de la voix de Joaquin Phenix. Un film où l’on nous parle de l’annexion des animaux pour des besoins de compagnie, de nourriture, de vêtements, de divertissement et de tests. Où l’on voit des vaches à lait vivant 4 ans au lieu de 20 en moyenne pour cause de « surexploitation », leurs veaux nourris par un liquide artificiel et privé à vie de la lumière du jour, des truies gardées enceintes en permanence par insémination artificielle, des poules se faire couper le bec, des dauphins se faire massacrer, et bien d’autres bêtes encore enfermées, dépecées, battues, ébouillantées, estropiées, piquées, etc. Ames sensibles s’abstenir.
Et aussi parce que j’ai vu que la question se posait récemment, sur l’engagement politique, deux pièces classiques :
CAMUS Albert, Les Justes, Paris : Gallimard, « Folio », 1977 [1950], 152 p.
SARTRE Jean-Paul, Les Mains sales, Paris : Gallimard, « Folio », 1974 [1948], 245 p.
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[...] dire de plus mais mon frère, lui en a (sinon on l’appellerait ma soeur). Il nous le dit en commentaires de ma bibliographitèque en proposant lectures et films sur la société de consommation, la misère, la fin du travail, la [...]