La semaine dernière, j’ai fait ma semaine annuelle de ski qui est censée excuser la non-publication de mon article hebdomadaire (salauds de riches, travaillent de moins en moins ces fainéants et en plus vont polluer avec leurs télésièges nucléaires… bon, j’y suis allé en train avec 2 enfants, ça compense un peu, je vous en parlerai une autre fois…).
Au cours de la semaine, mes amis et moi (il m’en reste encore, c’est peut-être le seul truc que j’espère ne pas diviser par un facteur 4 d’ici à 2050) avons eu une discussion très intéressante sur la consommation “low cost” et le poids de nos pratiques d’achats à bas prix. J’ai notamment comparé ma paire de pantoufles Omer Simpson achetée à 3 euros à la Halle aux chaussures ou autre Gifi et le cadeau de Noël que j’ai fait à la femme de ma vie : une paire de pantoufle en cuir et laine de mouton, fabriquée en France, dans une entreprise solidaire et sociale d’Ardèche, Ardelaine . 100% naturel (savon biodégradable, pas de traitement chimique), 100% local (de l’élevage à la fabrication en passant par la filature), 100% social (coopérative, préservation des savoirs traditionnels) bref, pour résumer à la fçon du grand capital toutes ces caractéristiques totalement inutiles : un objet qui coûte 60 euros (pardon chérie, on ne doit pas donner le prix de ses cadeaux mais c’est pour sauver le monde, tu comprends bien…) .
S’en est suivi un super débat sur le pouvoir d’achat et est-ce que les ménages smicards peuvent se payer du bio et que oui, ils ont qu’à pas avoir des écrans plats dans le salon et des portables pour les gamins et que c’est faux, ils peuvent même pas se payer à bouffer donc faut pas les faire chier avec des achats de produits écolo-solidaires donc chers et que s’ils prennent la voiture, c’est pas par plaisir mais parce qu’ils sont contraints d’aller habiter loin pour cause de loyer et que ça, c’est faux parce que s’ils habitent loin, c’est qu’ils veulent une maison de 100m2 avec une chambre par enfant…. Comme d’hab, pas de solution à la sortie, chacun se prenant pour l’INSEE en déclarant maîtriser les habitudes des français mais ça a permis d’écluser le cubi de blanc avant de partir en ville groover sur la piste de danse en oubliant tout souci de mondialisation.
Pourquoi je vous dis tout ça, hein ? Parce que pendant que je me détendais à base de “flettes” (faites précéder de crozi, tarti ou pizza selon vos goûts, sont forts ses savoyards à mettre du reblochon avec tout), j’ai reçu une campagne du collectif “Ethique sur l’étiquette” qui regroupe plusieurs ONGs pour faire pression (notamment) sur les distributeurs de textile afin que l’ensemble de la chaîne de production des vêtements respectent des critères sociaux et environnementaux. Le texte est un kit de mobilisation pour membres du collectif mais il fournit un argumentaire sur le pourquoi du comment d’un jean à 3 euros donc je vous le livre le Kit de mobilisation Liquidation totale (cliquez dessus) avec comme d’hab 2/3 commentaires en prime qui cette semaine ne vont pas bien loin (ça tombe bien, c’est mieux pour le bilan carbone) :
- toutes les entreprises citées sont bien sûr sont dotées de rapports RSE qui nous expliquent qu’ils font signer à leurs fournisseurs des engagements clairs pour qu’ils respectent les droits du travail dans les pays de production, les conventions internationales citées dans le doc (OIT) et bafouées pourtant et bla et bla… mais en exigeant d’eux un coût unitaire du jean à 2 euros. Mais ça, ça les choque pas. Bref, on est toujours dans le “Promets-moi que tu feras attention mais t’inquiète, c’est pas moi qui fera un audit chez toi pour voir comment ça se passe” d’autant que souvent le fournisseur de rang 1 respecte peut-être ce qu’il faut mais comme on est dans une cascade de fournisseurs à 8 rangs, au bout de la chaîne, ça fait mal (voir émission d’Envoyé Spécial sur le jean en Turquie et le scandale du sablage…) J’aime bien aussi page 7 les trucs et astuces lors des “audits sociaux” (lorsquils existent)
- “les activités bancaires et immobilières d’Auchan représentent 20 % de son résultat opérationnel total” . Auchan est donc une banque qui fait de l’argent avec celui de ses fournisseurs…. On comprend pourquoi dans une AMAP, un agriculteur nous regarde avec des yeux plein de larmes quand on lui dit qu’on va le payer à l’avance
- 45% de marge sur un textile dans une boutique de fringue… J’imagine même pas sur un Calvin Klein, Guess ou autre… mais 1.5 euro par jour pour la chinoise au bout du bout, pensons-y quand on a notre jean sur les fesses.
- pour dire la même chose différemment : pour un jean, la part salariale représente entre 1.5 et 3% du coût du produit (page 17)… Délirant !
Vous noterez qu’ils proposent quelques actions et je vais voir justement semaine prochaine avec Oxfam si on participe à l’une d’elle dans la région comme celle indiquée page 10 et consiste à découper des bouts de vieux vêtements pour montrer la part salariale dans un achat. Si ça vous intéresse, faites signe et puis la prochaine fois quo’n achètera une fringue, pensons au petit bengali qui est à l’autre bout et peut-être qu’un jour 1 tee-shirt équitable au lieu de 5 chemises H&M, ça finira par valoir le coup… Enfin quand je vois que ce sont ces enseignes qui ouvrent le plus (voir le phénomène Uniqlo), je me dis quand même que le pull de mémé est pas près de sortir de l’armoire.
Publié par Max 

