Comment ? Qu’est ce que j’apprends ? Ti essaies dé mé rouler, Mulliez ?

11 février 2010

La semaine dernière, j’ai fait ma semaine annuelle de ski qui est censée excuser la non-publication de mon article hebdomadaire (salauds de riches, travaillent de moins en moins ces fainéants et en plus vont polluer avec leurs télésièges nucléaires… bon, j’y suis allé en train avec 2 enfants, ça compense un peu, je vous en parlerai une autre fois…).

Au cours de la semaine, mes amis et moi (il m’en reste encore, c’est peut-être le seul truc que j’espère ne pas diviser par un facteur 4 d’ici à 2050) avons eu une discussion très intéressante sur la consommation “low cost” et le poids de nos pratiques d’achats à bas prix. J’ai notamment comparé ma paire de pantoufles Omer Simpson achetée à 3 euros à la Halle aux chaussures ou autre Gifi et le cadeau de Noël que j’ai fait à la femme de ma vie : une paire de pantoufle en cuir et laine de mouton, fabriquée en France, dans une entreprise solidaire et sociale d’Ardèche, Ardelaine . 100% naturel (savon biodégradable, pas de traitement chimique), 100% local (de l’élevage à la fabrication en passant par la filature), 100% social (coopérative, préservation des savoirs traditionnels) bref, pour résumer à la fçon du grand capital toutes ces caractéristiques totalement inutiles : un objet qui coûte 60 euros (pardon chérie, on ne doit pas donner le prix de ses cadeaux mais c’est pour sauver le monde, tu comprends bien…) .

S’en est suivi un super débat sur le pouvoir d’achat et est-ce que les ménages smicards peuvent se payer du bio et que oui, ils ont qu’à pas avoir des écrans plats dans le salon et des portables pour les gamins et que c’est faux, ils peuvent même pas se payer à bouffer donc faut pas les faire chier avec des achats de produits écolo-solidaires donc chers et que s’ils prennent la voiture, c’est pas par plaisir mais parce qu’ils sont contraints d’aller habiter loin pour cause de loyer et que ça, c’est faux parce que s’ils habitent loin, c’est qu’ils veulent une maison de 100m2 avec une chambre par enfant…. Comme d’hab, pas de solution à la sortie, chacun se prenant pour l’INSEE en déclarant maîtriser les habitudes des français mais ça a permis d’écluser le cubi de blanc avant de partir en ville groover sur la piste de danse en oubliant tout souci de mondialisation.

Pourquoi je vous dis tout ça, hein ? Parce que pendant que je me détendais à base de “flettes” (faites précéder de crozi, tarti ou pizza selon vos goûts, sont forts ses savoyards à mettre du reblochon avec tout), j’ai reçu une campagne du collectif “Ethique sur l’étiquette” qui regroupe plusieurs ONGs pour faire pression (notamment) sur les distributeurs de textile afin que l’ensemble de la chaîne de production des vêtements respectent des critères sociaux et environnementaux. Le texte est un kit de mobilisation pour membres du collectif mais il fournit un argumentaire sur le pourquoi du comment d’un jean à 3 euros donc je vous le livre le Kit de mobilisation Liquidation totale (cliquez dessus) avec comme d’hab 2/3 commentaires en prime qui cette semaine ne vont pas bien loin (ça tombe bien, c’est mieux pour le bilan carbone) :

  • toutes les entreprises citées sont bien sûr sont dotées de rapports RSE qui nous expliquent qu’ils font signer à leurs fournisseurs des engagements clairs pour qu’ils respectent les droits du travail dans les pays de production, les conventions internationales citées dans le doc (OIT) et bafouées pourtant et bla et bla… mais en exigeant d’eux un coût unitaire du jean à 2 euros. Mais ça, ça les choque pas. Bref, on est toujours dans le “Promets-moi que tu feras attention mais t’inquiète, c’est pas moi qui fera un audit chez toi pour voir comment ça se passe” d’autant que souvent le fournisseur de rang 1 respecte peut-être ce qu’il faut mais comme on est dans une cascade de fournisseurs à 8 rangs, au bout de la chaîne, ça fait mal (voir émission d’Envoyé Spécial sur le jean en Turquie et le scandale du sablage…) J’aime bien aussi page 7 les trucs et astuces lors des “audits sociaux” (lorsquils existent)
  • “les activités bancaires et immobilières d’Auchan représentent 20 % de son résultat opérationnel total” . Auchan est donc une banque qui fait de l’argent avec celui de ses fournisseurs…. On comprend pourquoi dans une AMAP, un agriculteur nous regarde avec des yeux plein de larmes quand on lui dit qu’on va le payer à l’avance
  • 45% de marge sur un textile dans une boutique de fringue… J’imagine même pas sur un Calvin Klein, Guess ou autre… mais 1.5 euro par jour pour la chinoise au bout du bout, pensons-y quand on a notre jean sur les fesses.
  • pour dire la même chose différemment : pour un jean, la part salariale représente entre 1.5 et 3% du coût du produit (page 17)… Délirant !

Vous noterez qu’ils proposent quelques actions et je vais voir justement semaine prochaine avec Oxfam si on participe à l’une d’elle dans la région comme celle indiquée page 10 et consiste à découper des bouts de vieux vêtements pour montrer la part salariale dans un achat. Si ça vous intéresse, faites signe et puis la prochaine fois quo’n achètera une fringue, pensons au petit bengali qui est à l’autre bout et peut-être qu’un jour 1 tee-shirt équitable au lieu de 5 chemises H&M, ça finira par valoir le coup… Enfin quand je vois que ce sont ces enseignes qui ouvrent le plus (voir le phénomène Uniqlo), je me dis quand même que le pull de mémé est pas près de sortir de l’armoire.


Revue de presse

9 décembre 2009

J’ai un peu de retard cette semaine, je dois le concéder.. Mais j’ai une bonne raison, je suis en train de préparer mon intervention sur la dette écologique  et le réchauffement climatique pour une conférence à l’ICAM ce vendredi 11 et un atelier du Forum “Urgence climatique, justice sociale” ce samedi 12 (je refais de la pub, au cas où…)

Cette semaine, je vous livre donc plutôt mes lectures et les sentiments que ça m’inspire en commençant par la phrase philosophique du jour, qui m’est venue ce WE : il n’y a pas d’écologistes, il n’y a que des gestes écologiques (ouaaaaaaaaaah… bon d’accord, c’est un copier/coller d’une phrase qui me tient à cœur et qui dit : “Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour”)

1) Pinocchio, c’est fini

Il n’a pas été avalé par la baleine mais il a décerné son prix.  Je vous en avais parlé dans le “Blog à Max” le 7 novembre et bien le 24, les Amis de la terre ont relayé l’avis des 7495 votants. Vainqueurs : Bolloré, Total et EDF. Suis content pour EDF qui l’a emporté dans la catégorie Greenwashing, m’ont énervé ces bobos en pleine page qui trouvent que bosser pour EDF, c’est écolo … Comme si moi, je considérais que travailler sur un avion de transport militaire, c’est faire de l’humanitaire

2) Habitat

Pour Laurent et Sylvain, un article intéressant sur une maison passive à 100 000 euros (je demande à voir mais le projet a de la gueule, cohérent sur les choix techniques en plus), sur un site internet sympa. Naviguez un peu dedans, y’a des pages sur le triple vitrage, la ventilation double flux, le solaire photovoltaîque qui sont bien faites.

3) Consommation : les écolos, tous des salauds ?

Pour Thibault, un article du même site qui suit notre discussion de ce WE : est-ce que changer mes habitudes de consommation changera le monde ?

Je trouve cet article intéressant car il rejoint un concept que j’ai déjà abordé dans le “Blog à Max” dans l’article sur la compensation carbone : celui du paradoxe du petit geste. Ce paradoxe me pousse toujours à vanter les mérites du bilan carbone, qui aide à avoir une vision globale du sujet (des gestes écolos, il y en a des milliards, c’est leur importance relative par rapport aux autres et surtout par rapport à ce qu’on ne fait pas, qui en fait des gestes efficaces). L’article met en plus en exergue le caractère égoiste de l’écolo bobo (référence à un article de “Nature”). Intéressant. Il met aussi en avant une conviction qui s’affirme de plus en plus chez moi : la clé du succès n’est pas dans le changement culturel et dans les actes de sensibilisation de la population mais dans des mesures fortes (allez j’avance le terme coercitives), dans la gouvernance, c’est à dire en passant nécessairement par la case politique. J’admire d’ailleurs qu’un anglais puisse écrire “un changement dans les modes de consommation a peu de chance d’être efficace s’il n’est pas soutenu par des mesures gouvernementales

4) Comment le libéralisme et la libre concurrence rendent illégale la consommation alimentaire locale ?

Ca vient de la revue “Silence” du mois d’Octobre, excellente revue décroisso-écolo-alternative faite à Lyon par des chtits gars qui n’en veulent (dispo à la biocoop à Toulouse, mais qui fait aussi un joli cadeau de Noel en format abonnement annuel). Le paragraphe, c’est “relocalisation illégale”. C’est beau la mondialisation:

5) Martine à Copenhague

La série des albums de jeunesse Martine (je viens de recevoir en cadeau pour ma fille “Martine à la mer”, merci cousine Aurélie) devrait en effet se doter sous peu d’un nouveau titre. En effet, m’am Aubry a décidé d’aller au sommet moooooooondial comme disait Coluche, non pas pour visiter l’usine Carlsberg (je dis pas ça par vilénie mais parce qu’elle a été reconvertie, pas Martine, l’usine, en prison pour activistes par les autorités, Le Monde du 25/12/09) mais pour clairement signifier à tous : l’écologie, c’est dans le PS. J’en veux pour preuve cet article du Monde du 3 décembre qui m’a laissé pantois : Martine a dit

Je ne sais pas qui l’a écrit pour Martine mais tout y est : proposition de taxation des transports de marchandise (demande du WWF car maritime et arien sont pour l’instant exemptés de quotas, peu le savent mais c’est à noter et ça devrait être discuté au COP15), demande de transfert de technologie et financement à hauteur de 100 milliards des pays du Sud (somme importante, demandée par plusieurs ONGs dont Oxfam, ce sujet étant celui de la conférence de samediet hop repub-), promotion d’une agriculture locale et vivrière (c’est nos paysans exportateurs qui apprécieront, moi j’approuve mais eux….), promotion d’une organisation mondiale de l’environnement gérée par l’ONU., taxation sur les flux financiers (ATTAC mais repris par Borloo/Jouano, à hauteur moindre : 0.01% contre 0.1% pour ATTAC).  On y trouve même du

  • concilier l’engagement environnemental et le combat pour la justice sociale“, quasi titre de la conférence de samedi, montée, je le rappelle par le Collectif contre la mondialisation libérale (ATTAC à la manoeuvre)
  • New Deal” agricole mondial : emprunté au “Green Deal” de Cohn-Bendit ?

Bref, tout y est, les chiffres sont les plus ambitieux qui circulent à l’heure actuelle dans les différents milieux écologistes et de solidarité internationale donc plus vert que Martine tu meurs. Reste à savoir ce que ça va donner dans ses rangs et si l’extrème droite du PS (le sieur Dominique) appréciera ces élans de solidarité internationale.

Pour ma part, de 2 choses l’une, soit elle fait du Sarko (je vends tout à crédit sans avoir le produit en magasin et j’ti fait un joli prix et j’ti donne ma femme….avec le plus grand cynisme) et elle ne verra pas mon bulletin de si tôt, soit elle y croit et elle arrive à l’imposer et dans ce cas, je voterai PS.

Bon, ok, je rêve, j’suis pas près de voter PS..


Greenwashing / Ecoblanchiment : chapitre 3

27 septembre 2009

J’allais donc vous écrire mon dernier épisode de la trilogie greenwashing en vous faisant découvrir l’écoblanchiment de l’intérieur (ce n’est pas une métaphore du mot lavement, ne nous égarons pas…) d’une entreprise aéronautique (voir épisode 2) mais trois sentiments m’ont fait changer d’avis. Tout d’abord les scrupules (matinés de trouille) à dévoiler le contenu de communications internes à mon entreprise, même si celles-ci sont en libre service sur présentoir.  Ensuite mon irritation profonde vis à vis de deux publicités récentes (BN et Volkswagen). Enfin mon soulagement (ouf, je ne suis pas le seul, un truc du genre) en lisant la nouvelle publication de l’OIP que Sébastien Vray du WWF m’avait conseillé dans l’épisode 1 dans un commentaire

Alors non, vous ne saurez pas comment le fils tue le père, où se trouve l’arche d’alliance, où finit le précieux ni si le requin meurt à la fin, ni encore si Rocky retourne au Vietnam.  J’en suis désolé. Rencontrez-moi, nous deviserons.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chevaux puisque je parlais de publicité pour véhicule ronflant et rutilant.  En premier lieu, le lien vers les pubs (merci Raphael, reprise de ton commentaire à mon épisode 2) : Passat et BN

Vous avez surement dû les voir passer à la télé (avec le peu que je regarde, j’ai réussi à tomber dessus) .  La pub Passat, tout d’abord, elle m’énerve.  Parce qu’elle est drôle. Et que l’humour, c’est efficace sutout si à la fin on abandonne discrètement la dérision pour passer à l’argumentation classique de l’automobile : ma voiture elle est bien. Et oui, Orangina, Kit Kat, on peut rigoler jusqu’au bout avec des produits sympathiques mais non, la voiture, faut toujours finir sur un argument “réel”. Et là rien à dire sur Passat, il font fort car je suis sûr qu’avec la méconnaissance générale du sujet CO2 par la population, je suis sûr que si je dis à ma grand-mère que j’ai acheté une Passat, elle va me féliciter.  Et oui, tout le monde croit que 120g de CO2 par km c’est bien…(voir article précédent sur l’effet boomerang du bonus-malus écologique) .

Je parle aussi de cette pub car elle démontre bien que l’ARPP (rôle bien expliqué dans ce lien de l’OIP), l’organisme qui est censé contrôler ce genre d’abus ne réglemente pas grand chose. On y trouve une part d’explication dans l’analyse par l’OIP de la dernière étude “Publicité et environnement” du dit ARPP donc je vous laisse le lire. Quelque chose qui me rassure un peu quand même sur la Passat, c’est que ça peut les désservir finalement (article intéressant ici)

Sur BN, vous trouverez sur ce lien ce que j’en pense avec l’avis d’autres gens. Ce que j’apprécie sur ce site (et le but de cet article est finalement de lui faire de la publicité) :

-  la méthodologie pour noter une publicité (voir en bas critères de notation) qui permet de se poser la bonne question et ne pas noter systématiquement toutes les pubs avec un zero pointé dès qu’elle nous blesse l’âme écolo

- ça fait un bien fou de pouvoir hurler sur un publicitaire pour une fois avec qqun pour vous entendre. En ce moment, lachez-vous sur K2R, BN donc, Mercedes, Panasonic, Audi (atroce le coup de Audi lutte contre la bronchiolite) et les produits laitiers.  OIP, merci !

Voilà, je pense que c’est le dernier épisode sur le sujet.  Si j’ai quelque chose à dire, je le dirai sur le site de l’OIP. J’ai peut-être plus de chance d’y être lu… Snif, j’vous fais pleurer là non ? …C’est le moment du drame, à la fin de la trilogie, film, il faut faire pleurer dans les chaumières,  c’est le moment où le héros s’en va dans le lointain sans avoir pu avouer son amour à la princesse, se retourne vers elle et lui crie : “Mais tu vas le lire mon blog, b…l”


Pique-Nique la consommation de masse

20 septembre 2009

Message aux toulousains :  semaine prochaine, la famille se déplace à l’évènement salutaire ci-dessous. L’idée n’est pas de vous refiler ce qu’on a (on a déjà essayé avec notre soirée Troc, qui m’a permis quand même de récupérer un after-shave makestesque de tout premier ordre) mais de manger tous ensemble pour la bonne cause. Et ne me dites pas que vous n’avez pas un truc dont vous voulez vous débarrasser dans votre cave, garage, voire salon, lit conjugual, etc…  Enfin, moi, y’a des trucs dont je me débarrasserais si j’étais vous….;)

Alors Rv 12h là-bas (prévenez-nous quand même qu’on sache qui chercher…)

T'en veux plus ?

et dans la même veine, le 1er octobre mais on y sera pas une soirée débat “conso-gachis” à l’Utopia, parrainé par Friture (à lire d’ailleurs ce petit journal alternatif toulousain au moins sur le net)


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